Contrôle continu : construire une grille tenable avec six classes
Le contrôle continu pose deux problèmes qu'on traite séparément alors qu'ils sont liés : l'équité de la notation et le volume de correction. Une grille qui ne tient pas la charge est abandonnée en cours de semestre — et l'équité part avec elle. **Trois ou quatre critères, pas dix.** Une grille exhaustive est ingérable et dilue l'essentiel dans le détail : on finit par sanctionner la présentation autant que le fond. Distinction à poser d'emblée : les **critères minimaux**, qui portent sur l'essentiel et doivent tous être satisfaits, et les critères de **perfectionnement**, qui distinguent les productions abouties. Faire échouer un élève sur un critère de perfectionnement, c'est sanctionner la finition, pas la compétence. **Donner la grille AVANT le travail.** Cacher les critères revient à évaluer aussi la capacité à deviner ce qu'attend le correcteur. Les annoncer ne facilite pas la tâche, ça la rend équitable — et ça réduit les contestations, parce que la discussion porte sur un critère écrit. **Ce qui améliore l'objectivité :** corriger **question par question** sur toutes les copies plutôt que copie par copie — on applique le même critère de suite, ce qui stabilise le jugement et limite l'effet de halo. Et mélanger l'ordre des copies d'une évaluation à l'autre. **Alléger sans renoncer :** une évaluation courte et ciblée vaut mieux qu'un long devoir corrigé en diagonale ; des temps d'entraînement non notés protègent le droit à l'erreur et ne coûtent presque rien. **Partagez vos grilles.** C'est le document qu'on met le plus de temps à construire et qu'on partage le moins.